Vous entendez votre chat gratter sa litière, puis y retourner quelques minutes plus tard. Il reste accroupi, ressort et se lèche. Vous pensez aussitôt à la constipation. Avant de chercher à relancer son transit, vérifiez un point essentiel : essaie-t-il de faire ses selles ou d’uriner ? Les efforts peuvent se ressembler, alors que la conduite à tenir change complètement.
Une constipation du chat se manifeste par des selles difficiles à évacuer, souvent sèches et peu abondantes. Elle mérite un avis vétérinaire dès que vous constatez des difficultés, sans attendre que plusieurs jours passent.
Efforts dans la litière : éliminer d’abord l’urgence urinaire
Si votre chat pousse mais n’émet pas d’urine, ou seulement quelques gouttes, appelez immédiatement un vétérinaire. Un blocage urinaire est une urgence, particulièrement chez le mâle. Il peut s’accompagner de miaulements, de léchage de la région génitale, de vomissements ou d’abattement.
Regardez ce qui est réellement présent dans le bac : selles, petites traces humides ou mottes d’urine. Si vous n’arrivez pas à distinguer les deux et que les efforts se répètent, expliquez cette incertitude à la clinique. Ne donnez pas un laxatif pour « voir si cela passe ». Notre guide sur la cystite du chat détaille les autres signes urinaires.
Comment reconnaître une constipation chez le chat ?
Des petits morceaux de selles très dures, des tentatives longues ou répétées et une douleur à la défécation orientent vers une constipation. Certains chats finissent par manger moins, se cacher ou vomir. Quelques selles liquides n’excluent pas le problème : du liquide peut parfois contourner les matières retenues.
Une absence de selles dans le bac ne suffit toutefois pas à poser le diagnostic. Votre chat a-t-il accès au jardin ? Mange-t-il autant qu’avant ? A-t-il fait ailleurs ? Ces questions permettent de décrire la situation sans confondre une observation incomplète avec un arrêt certain du transit.
Notez le dernier passage habituel, les efforts observés, l’appétit et les éventuels vomissements. Si votre chat semble douloureux, très abattu, vomit ou cesse de manger, contactez la clinique sans attendre. Une attente de 48 heures n’est pas une règle de sécurité applicable à tous les cas.
Pourquoi les selles deviennent-elles difficiles à évacuer ?
La déshydratation peut durcir les selles, mais elle n’explique pas toutes les constipations. Une douleur qui gêne la position accroupie, un obstacle, une ancienne lésion du bassin, certains médicaments ou une maladie affectant le fonctionnement du côlon peuvent aussi intervenir.
Le côlon est la partie du gros intestin qui fait progresser les selles vers leur évacuation. Lorsqu’il se dilate et perd une partie de sa capacité à les déplacer, on parle de mégacôlon. Ce trouble demande un suivi spécifique ; ajouter toujours plus de fibres ne suffit pas nécessairement.
Les conditions d’accès à la litière comptent également. Un bac difficile à enjamber, sale ou placé dans un endroit où le chat est dérangé peut le conduire à se retenir. Décrivez ces éléments au vétérinaire, surtout si les habitudes ont changé récemment.
Que faire en attendant les consignes de la clinique ?
Laissez de l’eau accessible et installez une litière propre, facile d’accès, dans un lieu calme. Évitez les manipulations insistantes du ventre. Préparez les noms de ses traitements, les aliments consommés et l’historique des épisodes précédents.
Ne réalisez pas de lavement avec un produit humain. Les lavements contenant des phosphates peuvent provoquer des déséquilibres électrolytiques mortels chez le chat. N’improvisez pas non plus un suppositoire, un laxatif stimulant ou une administration d’huile de paraffine par la bouche : cette dernière expose à une fausse route et à des lésions pulmonaires.
Si un traitement a déjà été prescrit, appelez avant de reprendre une ancienne dose. Une récidive peut nécessiter un examen, une réhydratation ou une autre stratégie. Le fait qu’un produit ait aidé la dernière fois ne permet pas de savoir ce qui se passe aujourd’hui.
Comment la constipation est-elle prise en charge ?
Le vétérinaire cherche des selles retenues et évalue l’hydratation, la douleur et les causes possibles. Selon l’examen, des radiographies, des analyses sanguines ou d’autres investigations peuvent être utiles. L’objectif est aussi de distinguer une constipation d’un obstacle ou d’un autre trouble.
Les soins peuvent associer une réhydratation, un laxatif adapté et une modification alimentaire. Une rétention importante nécessite parfois un lavement ou une évacuation sous anesthésie à la clinique. Certains mégacôlons qui résistent au traitement médical relèvent d’une intervention chirurgicale.
Pour les épisodes récidivants, demandez un plan simple : ration prévue, traitement éventuel, observations à noter et moment auquel rappeler. Le choix des fibres, du psyllium et des mesures naturelles se discute une fois la situation évaluée.
Retrouver des passages sereins dans la litière
Une selle émise sans effort est encourageante. Continuez à regarder sa consistance, l’appétit de votre chat et sa facilité à utiliser le bac. Les rechutes répétées ne doivent pas devenir une habitude que l’on gère seulement avec une nouvelle cuillère de complément.
Gardez un relevé court plutôt qu’un tableau compliqué : date, aspect des selles, effort éventuel et produits administrés. Il permettra de voir si le confort se maintient et de transmettre des informations précises lors du suivi.
Questions fréquentes
Combien de temps un chat peut-il rester sans selles ?
Le rythme dépend notamment de la ration et des habitudes. Un changement net ou des difficultés justifient un appel ; des efforts sans résultat, une douleur ou des vomissements imposent de réagir plus vite, sans attendre un seuil horaire.
Mon chat pousse mais rien ne sort : est-ce forcément une constipation ?
Non. Cela peut aussi correspondre à une difficulté à uriner. En cas d’absence d’urine ou de doute face à des tentatives répétées, contactez immédiatement le vétérinaire.
Une pâtée suffit-elle à débloquer le transit ?
L’alimentation humide peut contribuer aux apports d’eau, mais elle ne retire pas un obstacle ni une rétention sévère. Elle s’intègre à une stratégie adaptée après l’évaluation de votre chat.
Sources vétérinaires
- PDSA. Blocked Bladder in cats — urgence urinaire et confusion avec les efforts de défécation.
- PDSA. Constipation in cats — symptômes, causes et environnement de la litière.
- Cornell Feline Health Center. Constipation — évaluation et possibilités de traitement.
- MSD Veterinary Manual. Constipation, Obstipation, and Megacolon in Small Animals — diagnostic, soins et risques des lavements phosphatés.
- MSD Veterinary Manual. Megacolon in Cats — fonctionnement du côlon et prise en charge des formes sévères.